Chasseurs de noirs

Nous sommes dans les années 1740 à La Réunion, alors colonie française.

Guillaume Brancher rêve d’aventures et de voyages lointains. Mais il va mourir, pendu, condamné par la justice des hommes. Alors, il raconte.

Au lieu de voyages infinis, la destinée de Guillaume s’accomplit sur l’île Bourbon, à l’époque où les noirs marrons se terrent dans les montagnes et préparent en secret une grande révolte. Guillaume devient chasseur de noirs, un peu par hasard. Il traque les marrons, les tuent au besoin, les ramènent en vie s’ils ne sont pas trop résistants. En vie, parce que la récompense pour ramener un marron vivant est plus forte que pour un marron mort.

Sa vie conjugale, pour laquelle il a sacrifié son envie de découvrir d’autres rivages, est ennuyeuse à mourir : sa femme est revêche, il n’aime pas cultiver la terre et il rêve d’être un héros ; pour lui chasser les noirs est un métier idéal.

La population blanche le considère d’ailleurs comme un homme important et ses récits de chasse font de lui une légende. Guillaume ne se pose pas de question sur la moralité de ce qu’il fait. Depuis son enfance, on lui inculque que les noirs sont inférieurs aux blancs. Pour lui, il n’y a pas d’autres vérités.

Pourtant, au fil du temps quelque chose s’use en Guillaume. Peut-être le souvenir de cet enfant tué sur le sein de sa mère, ou encore de cette jeune malgache égorgée par un marron qui l’avait kidnappée. Le sens de sa mission lui échappe de plus en plus.

Il réfléchit sur le destin qui l’a mené là, dans les forêts épaisses des hauts de l’île, au lieu de le laisser naviguer au gré de l’océan. S’il n’avait pas connu sa femme, si elle était restée cette jeune vierge tendre et douce, si des membres de sa famille n’avaient pas été massacrés par les marrons, peut-être sa vie aurait-elle été différente.

Le remord germe en lui et éclate le jour où il tue un marron et s’aperçoit qu’il s’agissait de son plus fidèle compagnon. Blessé lui-même, il est ramené au camp marron par une femme qui lui accorde une seconde chance. En vivant au milieu des marrons, son état d’esprit change. Il se met à rêver à une société plus juste.

Mais hélas pour lui, ses idées sont beaucoup trop novatrices pour l’époque.

Ce roman s’inspire de nombreux textes d’archives et restitue l’un des épisodes les plus poignants de l’histoire de La Réunion.

« Chasseur de noirs » est le premier roman de Daniel Vaxelaire. Publié en 1982, il est devenu un  » classique  » de la littérature historique de l’océan Indien.

«Chasseurs de noirs »,  Daniel Vaxelaire.

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