J’ai déserté le pays de l’enfance

L’héroïne de ce petit livre s’appelle Sigolène. C’est une avocate parisienne, spécialisée dans le droit du travail. Une avocate « gratuite », c’est ainsi qu’elle se définit ; ne pas faire payer ceux qui ont besoin d’aide est une manière pour elle de se donner bonne conscience. Pourtant, sa conscience est loin d’être en paix.

En effet, Sigolène hait son métier. Elle supporte de plus en plus mal les compromis, les trajets en métro et sa robe noire, sa robe d’avocate qui sent très mauvais car elle ne la lave jamais. Enfin si, le col blanc, de temps en temps, sinon la saleté est trop flagrante.

Ses journées sont empoisonnées par des crises d’angoisse. Des crises si violentes qu’elles lui donnent l’impression de mourir tous les jours. Ces morts à répétition finissent par agacer sérieusement son entourage, en particulier son père, exaspéré, qui lui crie : « Mais non, tu ne mourras jamais !» 

Un matin, lors d’une crise d’angoisse plus forte que les autres, Sigolène s’effondre au beau milieu du tribunal, alors même qu’elle n’a pas encore traité son affaire. Bien pratique la crise d’angoisse quand on n’a pas envie de plaider contre ses convictions.

Sigolène est alors envoyée dans une unité psychiatrique. Là, elle rencontre quelques personnages atypiques, et même un de ses clients.

Il y a Karima, la rongeuse de tuyaux. (Difficile quand on a qu’une seule dent). Christine, elle, préfère se faire des films dans sa tête plutôt que de vivre vraiment, Jean-François est tellement obsédé par les rolex qu’il entend leur tic-tac partout, même sur papier glacé etc.

Sigolène prend conscience de son mal-être : en fait, au fond, elle ne souhaitait pas être une avocate à Paris, elle voulait être libre à Djibouti. Car elle a vécu là-bas durant son enfance, et la blessure de l’éloignement avec la corne de l’Afrique est encore trop vive.

À sa sortie de l’unité psychiatrique, elle retourne enfin au pays de ses rêves. Mais l’Afrique a changé depuis son départ. Sigolène est-elle aussi djiboutienne qu’elle le pense ? N’a-t-elle pas bâti sa vie sur un mirage ?

Ce livre traite de la quête de l’identité et de la difficulté de se construire par rapport à son environnement et aux personnes qui nous entourent.

C’est un court roman, émouvant, poétique avec une écriture légère.

« J’ai déserté le pays de l’enfance » Sigolène Vinson, éditions Plon.

 

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