Mon petit bunker

livre mon petit bunkerC’est l’histoire d’une jeune femme, Noah, qui possède un talent de sculpteur. Elle est mariée à Fabien, un éminent professeur d’histoire, elle a une fille adolescente, Louise. Bref, elle a tout pour être heureuse, y compris l’amour attentif de son époux. Mais les choses ne sont pas si simples. Car Noah n’a jamais vraiment assumé son talent. Elle s’est toujours bornée à fabriquer de ravissants objets, qu’elle offre comme s’ils étaient sans valeur.

Or, au moment où commence le livre, un mécène lui a commandé une œuvre, une vraie. Et là voilà incapable de se mettre au travail ! Dans l’espoir d’y parvenir, elle a loué un studio et très vite Fabien la soupçonne d’y recevoir un amant. Mais il n’en est rien. Dans le plafond de ce studio, elle a aménagé une cache, à laquelle elle accède par une trappe. Et dans cette cache, qui contient juste un matelas, elle se réfugie comme dans un bunker. Pour se protéger peut-être, en tout cas pour laisser remonter peu à peu ses souvenirs d’enfance.

Et elle a eu une enfance hors du commun, Noah ! Enfants de deux parents très jeunes, un père ethnologue, une mère écrivain, elle a grandi au Sénégal, de façon très peu conventionnelle. Elle courait dans Dakar avec les enfants des rues, elle plongeait de la chaloupe devant l’île de Gorée, elle était si c’est possible plus sénégalaise que ses amis sénégalais. Elle vivait de liberté… et quelquefois d’eau fraîche. Parce que l’on comprend peu à peu que ses parents, sans doute trop préoccupés d’eux-mêmes, ou pour mettre en application des théories éducatives d’avant-garde, la laissaient en fait livrée à elle-même.

Au cours de son enfance, Noah, petite fille énergique, a développé de belles qualités de courage, de débrouillardise. Et une personnalité, on sen doute, très originale. Parviendra-t-elle, dans son bunker, à renouer avec cette petite fille un peu sauvage mais tellement vivante, à se réconcilier avec elle, à retrouver en quelque sorte le fil de sa vie ? C’est tout l’enjeu de ces quelques semaines que nous raconte ce roman.

Un joli roman, bien écrit, qui parle avec finesse de différences culturelles, de solitude et d’amour et aussi de la difficulté que l’on peut avoir à mettre en œuvre ses talents.

Marine Bramly. Éditions JC Lattès.

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Papivore par transmission génétique, j'ai grignoté mes premières pages à l'âge de quatre ans...
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